Compte-rendu #3 : atelier sur l’emploi

Vous étiez nombreux.ses à assister à notre troisième atelier pour une Seine-Saint-Denis en Commun qui s’est déroulé en visioconférence le 29 janvier dernier. Introduit par Stéphane Troussel, Président du Département, et animé par Sarah Ouattara, présidente d’O-Dix Coworking, celui-ci a permis d’aborder les questions d’emploi en Seine-Saint-Denis au travers d’échanges passionnants.

Nous remercions chaleureusement tout.e.s les participants et en particulier nos grand.e.s témoins : Youness Bourimech, vice-président du club des entrepreneurs de Seine-Saint-Denis, Christine Merckelbagh et Vincent Dautry, fondateurs de la SCOP « Label Gamelle », et Grégoire Heaulme, Directeur Ile-de-France de l’Association pour le Droit à l’Initiative Économique (ADIE).

Le Département engagé dans la bataille pour l’emploi

Les effets de la crise sur l’emploi dans notre Département sont déjà là, comme l’a souligné Stéphane Troussel dans son propos introductif : depuis mars 2020, ce sont 5 000 foyers supplémentaires qui perçoivent le RSA en Seine-Saint-Denis (pour un total de 90 000 foyers au RSA).

Dans ce contexte, le Département entend jouer pleinement son rôle pour favoriser la création d’emplois durables.  Depuis la loi NOTRe du 7 août 2015, c’est d’abord en sa qualité de collectivité cheffe de file de l’insertion que le Département peut agir, mais il dispose également d’une capacité réelle pour fédérer, mettre en réseau et promouvoir les initiatives locales.

Comme l’a rappelé S. Troussel, dans ce champ de l’action publique, le dialogue avec le monde économique est indispensable ; il n’y pas de politique de l’emploi qui tienne sans les entreprises du territoire.

Les discussions ont mis en valeur les atouts et les défis d’un territoire fragilisé par la crise :

  • La vigueur de l’auto-entreprenariat. Les différent.e.s intervenant.e.s ont en effet insisté sur l’extraordinaire vitalité du Département à cet égard. Bien des d’habitant.e.s, notamment parmi les plus jeunes, créent leur propre emploi. G. Heaulme a souligné que l’ADIE à elle seule a accompagné 1000 personnes dans leur projet au cours de l’année 2020 en Seine-Saint-Denis. Dans une période de raréfaction de l’emploi salarié, l’auto-entreprenariat peut être une solution, bien que la crise soit aussi synonyme de coup d’arrêt pour nombre de projets.
  • Le défi de l’emploi local.
    • S. Ouattara et Y. Bourimech ont insisté sur le grand enjeu pour les entreprises installées en Seine-Saint-Denis de recruter des personnes, et notamment des jeunes, issus du territoire. Les différent.e.s participant.e.s ont en effet rappelé que le développement rapide d’une offre d’emplois tertiaires depuis une vingtaine d’année dans le Département ne profite pas réellement aux habitant.e.s. Toute la question est de parvenir à réduire cet écart dans les années à venir.
    • En ce sens, les participant.e.s ont défendu l’idée d’une nécessaire réindustrialisation de la Seine-Saint-Denis. Du point de vue de son histoire, des profils d’une grande partie de ses habitant.e.s, mais aussi des enjeux en matière de souveraineté que la crise a mis en lumière, il s’agit d’une vision qui fait sens et qu’il convient de porter auprès des autres acteurs publics.
  • Le chantier de l’insertion. L’importance de ce segment des politiques de l’emploi a été souligné, notamment dans la période à venir.
    • Un exemple de projet d’utilité sociale et d’insertion soutenu par la collectivité départementale a été présenté par C. Merckelbagh et V. Dautry. « Label Gamelle » est une coopérative qui produit des plateaux-repas à destination des Centre d’Hébergement d’Urgence (CHU), et emploie à cet effet des salariés en insertion. Ceux-ci, qui viennent eux-mêmes souvent des CHU, sont formés à devenir aide-cuisiniers.
    • S. Troussel a expliqué que le Département entend jouer un rôle moteur dans les années à venir pour favoriser la constitution de réseaux et de filières dans différents secteurs, par exemple celui de l’aide alimentaire ou du « care ». Dans le cadre du plan de rebond solidaire et écologique, les élu.e.s ont ainsi apporté leur soutien à différents projets d’épiceries solidaires sur le territoire séquano-dyonisien.
    • A aussi été évoqué l’intérêt de développer des projets d’insertion par l’agriculture urbaine, à la fois pour répondre aux enjeux d’emplois mais aussi d’écologie et de souveraineté alimentaire du territoire.
  • L’emploi des jeunes séquano-dyonisien.ne.s. Les participant.e.s ont échangé sur les difficultés spécifiques et particulièrement préjudiciables des jeunes en Seine-Saint-Denis, y compris parmi les plus diplômés d’entre eux. Discriminations, auto-censure, manque de maîtrise des « codes » du monde du travail… Il est nécessaire de les accompagner et de leur donner des exemples de réussite pour faciliter leur insertion.