Compte-rendu #5 : atelier sur le sport et les J.O.P

Ce vendredi 5 février avait lieu notre atelier sur le sport et les J.O.P, introduit par Stéphane Troussel, président du Département, et animé par Mathieu Hanotin, maire de Saint-Denis et conseiller départemental délégué au sport et aux grands évènements.

Nous remercions chaleureusement celles ceux qui ont participé à cet atelier, et contribué à ces échanges stimulants, et en particulier nos grand.e.s témoins : Clément Rémond, président de la FSGT 93 et Julie Eissen, présidente du Cercle des Nageurs Noiséens (CNN).

Une politique départementale ambitieuse pour le sport et les grands évènements

Comme l’a rappelé Mathieu Hanotin, malgré des contraintes budgétaires fortes, le sport reste une priorité départementale. Loin d’être un loisir accessoire, la pratique sportive constitue en effet un levier essentiel pour de nombreuses politiques publiques : éducation, inclusion, autonomie, santé, …

Tout au long du mandat débuté en 2015, la politique départementale en matière de sport et J.O.P a poursuivi 3 grands objectifs :

  • Le développement du sport pour toutes et tous, avec, notamment, la finalité de promouvoir une pratique inclusive. À ce sujet les participant.e.s ont soulevé deux points d’amélioration :
    • La pratique féminine reste en retrait, en dépit des efforts du Département dans ce domaine. Il faut notamment favoriser le partage des espaces sportifs qui demeurent souvent très masculins.
    • Le développement du handisport doit être poursuivi. L’action départementale en la matière, comme le financement du PRISME, un équipement sportif inclusif à Bobigny, pensé pour accueillir les publics, valides ou en situation de handicap, a néanmoins été salué.
  • Le rattrapage du territoire en matière d’équipements sportifs. Plusieurs grands plans d’investissements (à l’instar du plan « piscines » doté de 40 millions d’euros) ont été votés et mis en œuvre au cours du mandat. C. Rémond a invité les élu.e.s à poursuivre leurs efforts, soulignant que la Seine-Saint-Denis demeure un Département très largement sous doté. Il a néanmoins reconnu que les autres collectivités et l’État doivent aussi assumer leurs responsabilités pour combler ce déficit.
  • Le rayonnement territorial par le soutien aux grands acteurs. La Seine-Saint-Denis est riche de ses sportif.ve.s de haut niveau, accompagné.e.s par des structures qui participent au dynamisme du Département et à la transformation de son image.

Œuvrer pour l’héritage matériel et immatériel des Jeux Olympiques et Paralympiques (J.O.P)

Les J.O.P constituent une opportunité pour la Seine-Saint-Denis et doivent profiter à l’ensemble des habitant.e.s dans les années à venir.

  • Ils sont déjà une réussite pour le territoire, ayant permis le financement de grands projets qui n’auraient pas pu voir le jour, comme la construction du village des médias à Dugny (1300 logements supplémentaires, dont 20 % de logements sociaux à terme) ou la réhabilitation du Terrain des essences. Une grande partie de l’héritage matériel des J.O.P est en ce sens d’ores et déjà acquis.
  • Comme l’on souligné J. Eissen et M. Hanotin, l’enjeu est désormais de travailler à l’héritage immatériel des J.O.P, c’est-à-dire à la façon dont l’évènement peut participer à étendre durablement la pratique sportive (avec des objectifs en matière de santé, d’inclusion, d’autonomie) et à valoriser l’engagement sportif associatif. Différents aspects/projets ont été évoqués :
    • J. Eissen a proposé la mise en place d’un plan d’action pluriannuel transdisciplinaire associant les comités départementaux et le Département qui concernerait la mobilisation des bénévoles, la formation des dirigeants, l’éducation par le sport… Il serait aussi possible d’imaginer un évènement préfigurateur tous les étés.
    • Il est nécessaire d’inciter les acteurs de la Seine-Saint-Denis à être bénévole lors des J.O.P, avec l’idée qu’ils pourront être les ambassadeurs de cet évènement sur le territoire. Il s’agit notamment de réfléchir à la valorisation du statut de bénévole.
    • La jeunesse doit être au cœur de cet héritage immatériel. Un magazine autour des J.O.P pourrait être lancé avec des jeunes séquano-dyonisiens, afin de renvoyer une image positive des J.O.P et du territoire mais aussi de faire de l’éducation aux médias.

La situation actuelle du mouvement sportif appelle un soutien supplémentaire

  • La crise sanitaire et la mise à l’arrêt de la quasi-totalité de leurs activités affectent lourdement les structures sportives. L’équilibre financier des grands acteurs est mis en péril par la forte baisse des cotisations et des gains liés au sponsoring. Les petites structures sont quant à elles touchées par une forte lassitude et une désaffection des bénévoles (« burn-out associatif »).
  • Dans ce contexte, J. Eissen et C. Rémond ont d’abord plaidé pour la réalisation d’une radiographie fine de l’état des structures sportives, première étape préalable à la mise en œuvre d’un plan d’actions de préservation du tissu associatif.
  • C. Rémond a évoqué plusieurs pistes pour relancer le mouvement sportif et préparer l’après-crise :
    • Prévoir une relance estivale, notamment avec des activités à destination des personnes isolées/fragilisées
    • Réfléchir à la mise en place d’une aide pour la prise de licence, car son coût peut être frein pour certain.e.s habitant.e.s
    • Mieux reconnaître le bénévolat, afin de susciter des vocations